Peut-on étendre les 16 types de personnalité à 64 ?

Oui. Et bien fait, cela règle au passage le plus gros problème scientifique des types à quatre lettres.

1. Ce que mesurent vraiment les quatre lettres

Quand des chercheurs ont fait passer aux mêmes personnes le MBTI et un inventaire des Big Five, les quatre échelles du MBTI correspondaient à quatre des traits des Big Five : E/I à l'Extraversion et S/N à l'Ouverture, toutes deux fortement ; T/F à l'Agréabilité et J/P à la Conscienciosité, toutes deux modérément. Le cinquième trait des Big Five, le Névrosisme (l'inverse de la Stabilité émotionnelle), n'avait pas d'équivalent dans le MBTI. [1] Autrement dit, les 16 types sont un découpage grossier de quatre traits réels, et il leur en manque un important.

2. Les deux lettres manquantes

La Stabilité émotionnelle (C/R) est l'un des traits mesurables aux conséquences les plus importantes : c'est le prédicteur de personnalité le plus fort du bien-être et de la satisfaction au travail, et elle est étroitement liée à l'anxiété et à la dépression. [29][10][30]

L'Honnêteté-Humilité (M/A) est le sixième facteur apparu dans des études lexicales menées dans de nombreuses langues, à l'origine du modèle HEXACO. [5] Elle prédit le comportement éthique, la coopération et les comportements déviants au travail au-delà des Big Five. [13][14][6]

Si l'on divise chacun des six traits en élevé ou bas, on obtient 2⁶ = 64 types. Chaque lettre repose sur des décennies de recherche.

3. Le problème du « mon type a changé »

Une critique classique des tests à quatre lettres est que beaucoup de gens obtiennent un type différent en les refaisant : les scores se concentrent près du milieu, donc de petites variations inversent la lettre. [2] 64 Types affiche un percentile pour chaque trait, signale comme limite tout trait à moins de 10 points de la moyenne et te montre le type alternatif que tu pourrais obtenir.

4. Items et normes

Les 62 questions proviennent de l'International Personality Item Pool (IPIP), du domaine public et libre de tout usage, y compris commercial : les 50 marqueurs des Big Five [3] et 12 items d'Honnêteté-Humilité de l'IPIP-HEXACO [4], trois pour chacune de ses quatre facettes (Sincérité, Équité, Absence d'avidité et Modestie). Nous avons retenu les 12 items ayant la corrélation item-total la plus élevée.

TraitItemsN normatifFiabilité (α)Moyenne (1–5)ÉT
Extraversion1019 7180,893,010,92
Ouverture / Intellect1019 7180,793,910,63
Agréabilité1019 7180,833,850,71
Conscienciosité1019 7180,813,350,73
Stabilité émotionnelle1019 7180,872,900,86
Honnêteté-Humilité1222 7820,823,390,70

Échantillons normatifs : jeux de données ouverts d'Open Psychometrics, composés de personnes ayant répondu volontairement en ligne (recueillis vers 2012 ; Big Five : N = 19 718 ; IPIP-HEXACO : N = 22 782). Les normes d'Honnêteté-Humilité ont été recueillies sur une échelle en 7 points et transformées linéairement en 5 points. Les échantillons volontaires en ligne sont biaisés vers des personnes jeunes (âge médian ≈ 22 ans) et anglophones. Nous prévoyons de refaire les normes avec les données des personnes qui utilisent ce site et d'en publier les résultats.

5. Le Rapport approfondi (29 facettes)

Le test approfondi optionnel utilise l'IPIP-NEO-120, du domaine public, qui mesure 30 facettes des Big Five avec 4 items chacune (Johnson, 2014, Journal of Research in Personality, 51, 78–89). La facette Libéralisme est omise, car ses items portent sur le vote pour des candidats libéraux ou conservateurs, une question politique et centrée sur les États-Unis. Les percentiles reposent sur le jeu de données public de Johnson (410 376 réponses complètes), dans lequel les fiabilités des facettes vont de α = 0,66 à 0,88. Les facettes sont moins précises que les six grands traits, et le rapport le dit.

Les 116 items français reprennent l'adaptation en français européen de l'IPIP-NEO à 300 items publiée sur le site de l'IPIP par Benjamin Thiry et Maëva Piolti (Université de Mons, 2023), elle-même fondée sur la traduction franco-canadienne de Mathew Gravel (Université du Québec à Chicoutimi) ; les items de l'IPIP-NEO-120 en sont un sous-ensemble. Sur la page publiée, les items 171 à 174 sont décalés d'une ligne : nous avons rattaché chaque traduction à son véritable item anglais et, pour l'item 174 (« Think highly of myself »), absent de la page, repris la version de Gravel. Nous avons corrigé une douzaine d'items qui s'écartaient de l'original ou employaient un québécisme ou un faux ami (par exemple « Je sympathise avec les sans-abri » pour « Sympathize with the homeless », « Je m'en prends aux autres » pour « Get back at others », ou « J'ai de la difficulté à » au lieu de « J'ai du mal à »), ajouté des formes inclusives (« occupé(e) ») et, pour les items identiques à ceux du test gratuit, utilisé la même phrase française. Chaque modification est documentée dans le fichier source des items.

À noter : les normes du Rapport approfondi proviennent de personnes ayant répondu en anglais, et les items français n'ont pas été étalonnés séparément auprès de francophones. Considère les percentiles comme une approximation. La cotation est exactement la même qu'en anglais.

6. À propos de la version française

Le site de l'IPIP mentionne une traduction française des 50 marqueurs des Big Five (Kerri Gibson et Caroline Boucher, Bishop's University, Québec), mais la page correspondante n'est plus disponible : nous n'avons pas pu l'utiliser. Pour les 28 de ces 50 items qui figurent aussi dans l'IPIP-NEO à 300 items, nous reprenons l'adaptation en français européen de Thiry et Piolti (avec cinq retouches documentées, par exemple « à l'aise avec les gens » au lieu de « confortable avec les gens »). Les 22 autres items sont notre propre traduction.

Les 12 items d'Honnêteté-Humilité n'ont pas de traduction française publiée sur le site de l'IPIP : nous les avons traduits nous-mêmes, sauf trois (« J'utilise la flatterie pour avancer », « Je triche pour avancer », « Je crois être meilleur(e) que les autres ») dont l'item anglais identique figure dans l'IPIP-NEO et reprend la version de Thiry et Piolti. Les adjectifs genrés ont une forme inclusive (« préparé(e) ») pour que le test convienne à tout le monde.

À noter : les normes proviennent de personnes ayant répondu en anglais. La version française des questions n'a pas été étalonnée séparément auprès de francophones, et la traduction comme les différences culturelles peuvent légèrement décaler les réponses : considère donc les percentiles comme une approximation. Le calcul des scores est exactement le même qu'en anglais.

7. Les limites, en toute honnêteté

  • L'autoévaluation reflète la façon dont tu te vois. Ce n'est ni un outil clinique, ni un outil de diagnostic, ni un outil de recrutement.
  • Les traits sont continus. Les types sont un résumé, et deux personnes avec le même code peuvent avoir des percentiles très différents.
  • Les liens entre traits et résultats sont réels mais modestes (généralement r ≈ 0,10–0,30). Ils se répliquent bien, mais souvent avec des effets plus faibles que ceux publiés à l'origine. [37][34][38]
  • La personnalité évolue. Les gens tendent à devenir plus consciencieux, plus agréables et plus stables émotionnellement avec l'âge, et les traits peuvent aussi changer grâce à un effort délibéré ou à une thérapie. [33][35][36]
  • Les noms des types à quatre lettres sont des descriptions propres à ce site, fondées sur les traits. Nous n'utilisons pas les « fonctions cognitives », qui manquent de soutien empirique, et n'affirmons rien à leur sujet.

Toutes les sources

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